Hadopi

Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 17:13
- Publié dans : Hadopi
Société 2.0 -

Dans un hémicycle rarement aussi rempli, les députés ont adopté mardi par 55 % des voix le projet de loi Hadopi 2 qui prévoit le recours à l'ordonnance pénale pour sanctionner les internautes dans le cadre de la riposte graduée. Quelques heures auparavant, les députés UMP avaient été reçus par le président Sarkozy à l'Elysée.

 

Sans surprise, les députés ont adopté mardi le projet de loi de protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur Internet (Hadopi 2) dans un hémicycle surchargé, après les questions au gouvernement. Le scrutin était serré puisque le projet de loi n'est passé qu'avec 55 % des suffrages avec 285 voix pour, contre 225.

En conclusion, le ministre Frédéric Mitterrand s'est félicité de ce vote qui permet de mettre en place la riposte graduée "contre ceux qui veulent faire du net le terrain de leur utopie libertarienne".

Il reste encore au projet de loi à passer devant la commission mixte paritaire ce mercredi pour résoudre les points de désaccords avec le Sénat, puis à repasser devant les deux chambres du Parlement pour entériner la version de compromis. Lors des explications de vote, le député socialiste Patrick Bloche a redit l'intention de son groupe de porter le texte devant le Conseil constitutionnel.

"Enfin !", s'est félicité le député UMP Philippe Gosselin au moment du vote. "Il faut être pédagogue, et faire comprendre pas seulement aux jeunes que la propriété immatérielle est aussi à protéger et à défendre", a défendu le soldat du groupe majoritaire. "Internet ça ne peut pas être la loi de la jungle, il ne peut y avoir de liberté sans responsabilité". Sinon, a-t-il ajouté, "c'est la fable du renard libre dans le poulailler libre".

En réponse, Patrick Bloche a critiqué vertement le "choix d'une justice expéditive" par le recours à l'ordonnance pénale, qui fait que "les droits de la défense sont réduits à la portion congrue". "Nous contestons vigoureusement la création d'une sanction pour négligence caractérisée (qui viole) de manière flagrante le principe selon lequel nul ne peut être puni que de son propre fait", a-t-il aussi plaidé dans une longue tirade de contestations appuyées à l'encontre du texte. "Vous avez tout faux", a lancé le député socialiste dans l'hémicycle, après avoir regretté qu'une fois encore les internautes et les consommateurs sont écartés de la mission Zelnick.

Le communiste Jean-Pierre Brard a fait part de sa "colère" et de sa "déception", jugeant que le vote de cet après-midi "marquera d'un triste sceau cette législature". Il estime la loi "inadaptée et liberticide", et considère comme M. Bloche que "nul ne devrait être tenu responsable des informations qui transitent sur sa connexion". Jean-Pierre Brard a finalement assuré que la "dernière mouture" de la loi Hadopi était "encore plus inefficace et scélérate que la précédente".

Enfin, c'est le député Lachaud qui s'est exprimé au nom du groupe Nouveau Centre, sans oublier de saluer son collègue Jean Dionis du Séjour qui s'était battu dans l'hémicycle contre Hadopi 1, et qui a "su poser les bonnes questions". Mais qu'importe des réponses, il a été prié de faire place nette pour obéir aux instructions de Nicolas Sarkozy, et de ne plus se faire le porte-parole du groupe sur le dossier. "La liberté des pirates conduira à la disparition des artistes", a tenté M. Lachaud pour justifier le vote majoritairement favorable au texte dans son groupe.

En conclusion, après l'adoption du texte, Frédéric Mitterrand a annoncé que les lois Hadopi 1 et Hadopi 2 seront mises en application dès la fin de l'année. Il remettra à cette occasion de premières propositions pour Hadopi 3, à l'issue de la mission Zelnick.

 

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
Par Nicolas - Communauté : Contre Hadopi
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Mardi 23 juin 2009 2 23 /06 /2009 20:29
- Publié dans : Hadopi
Guillaume Champeau - publié le Mardi 23 Juin 2009 à 14h21 - posté dans Société 2.0


 

Nous (n') avons (pas) les moyens de vous faire parler... Conscient que le respect de la présomption d'innocence imposé par le Conseil constitutionnel obligera à passer par une enquête de police longue et coûteuse avant toute condamnation pénale, le gouvernement veut inciter l'internaute à avouer son méfait en échange d'une condamnation moins lourde.



Le journal La Tribune indique dans son édition du jour que le projet de loi complémentaire à l'Hadopi est présenté ce mardi au Conseil d'Etat - une étape dont on se demande l'utilité lorsque l'on voit qu'il avait validé avec Hadopi 1 un dispositif contraire à la présomption d'innocence et à la liberté de communication. Il sera présenté demain mercredi en Conseil des ministres, avant d'être examiné par le Parlement, a priori le 20 juillet prochain.

 

 Le journal, qui a eu communication du texte "très court" de l'Hadopi 2, confirme que la condamnation des abonnés n'est plus attachée au délit de défaut de surveillance de l'accès à Internet (qui est pourtant celui qui justifie les avertissements de l'Hadopi), mais au délit de contrefaçon. Les sages du Conseil constitutionnel avaient en effet reproché au gouvernement d'avoir atteint à la présomption d'innocence en estimant que l'abonné à Internet était nécessairement coupable du défaut de surveillance, sauf à ce qu'il démontre l'installation du logiciel de sécurisation.

 

Mais, note La Tribune, "prouver que l'internaute a effectivement piraté sera beaucoup plus long et difficile". "Cela nécessite une enquête, qui peut passer par l'examen de l'ordinateur", ajoute le quotidien économique.

Conscient du problème, le gouvernement a trouvé une solution expérimentée par certains ayants droit avec l'affaire Techland : la menace. Voire le chantage, selon le mot que l'on veut lui donner.

Pour limiter le volume d'enquête, "il y aura avant l'enquête plusieurs étapes où l'internaute sera incité à avouer et transiger", explique la rue de Valois. L'Hadopi jouera l'intimidation, en prévenant l'internaute que son dossier sera transmis à la justice s'il n'avoue pas son délit. Puis le juge lui-même, une fois saisi, pourra d'abord faire convoquer l'internaute par la police.

Ainsi la présomption d'innocence ne sera respectée qu'à l'égard de ceux qui auront le courage et la patience de passer par l'ensemble du processus, avant que leur dossier n'arrive enfin sur le bureau du juge pour être instruit. Les autres, les coupables ou ceux qui redoutent de ne pas réussir à défendre leur innocence, seront condamnés sans enquête de police, à une peine probablement allégée : suspension de l'accès à Internet plutôt qu'une peine pénale pouvant aller jusqu'à trois de prison et 300.000 euros d'amende.

 

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
Par Nicolas - Communauté : Contre Hadopi
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Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /2009 02:25
- Publié dans : Hadopi
Contre toute attente... non, pas vraiment. Le Conseil Constitutionnel a censuré de nombreux points de la loi Hadopi, cette loi portant atteinte aux droits fondamentaux des citoyens. La bataille est gagnée... mais et la guerre ? Non, pas encore.

Malheureusement, la pauvre pseudo ministre de la culture, Christine Albanel, ne considère pas cette censure comme la "fin de Hadopi", comme le précise le Figaro :

Albanel : «Le volet préventif se fera selon le calendrier prévu»

Faux, répondent en choeur des ténors de la majorité. La ministre de la Culture, Christine Albanel, souhaite désormais «compléter rapidement la loi Création et Internet pour confier» à la justice traditionelle «le dernier stade de la réponse graduée». Dans un communiqué, elle dit «regretter» de «ne pouvoir, comme le gouvernement et le parlement l'avaient souhaité, aller jusqu'au bout de la logique de dépénalisation du comportement des internautes, en confiant à une autorité non judiciaire toutes les étapes - y compris le prononcé de la sanction - du processus».

«Parallèlement, la mise en place de la Haute autorité instituée par la loi, exclusivement chargée du volet préventif de la lutte contre le piratage, se fera selon le calendrier prévu et les premiers messages d'avertissement seront adressés dès l'automne aux abonnés à Internet», prévient la ministre.

Numerama fait une analyse plus fine de la décision du Conseil Constitutionnel. Nous en reproduisons ci-dessous un extrait :

Dans le détail, voici les points qui ont soulevé notre attention dans cette décision :

  1. Le principe d'instaurer en droit français une obligation pour l'abonné de surveiller l'utilisation, y compris par des tiers, de son accès à Internet a été validé par le Conseil constitutionnel ;
  2. Il rappelle qu'en principe une autorité administrative peut avoir un pouvoir de sanction, lorsque notamment les droits de la défense sont respectés. Mais il estime que la sanction de suspension de l'accès à Internet est une atteinte portée à la liberté d'expression et de communication, et qu'il n'est pas possible pour le législateur de confier de tels pouvoirs à une autorité administrative, "quelles que soient les garanties encadrant le prononcé des sanctions". Seul un juge peut suspendre l'accès à Internet.
  3. Il donne ainsi son blanc seing à l'amendement Bono qu'a condamné le gouvernement pendant des mois ;
  4. Ce faisant, il évite de se prononcer dans le détail sur le respect ou non des droits de la défense par l'Hadopi, et sur les conditions du recours aux sanctions. Il tacle tout de même le gouvernement sur le fait que l'Hadopi ne respecte pas la présomption d'innocence, en renversant la charge de la preuve.
  5. Mais il autorise le maintien de l'Hadopi dans son volet "pédagogique", comme n'a pas manqué de s'en féliciter Christine Albanel  ;
  6. Il estime, d'ailleurs, que ce volet pédagogique est "justifié par l'ampleur des contrefaçons commises au moyen d'interet et l'utilité, dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, de limiter le nombre d'infractions dont l'autorité judiciaire sera saisie". Une précision inutile en droit, mais qui valide politiquement le bienfondé de la riposte graduée ;
  7. Cependant, le Conseil prévient qu'une nouvelle autorisation de la CNIL sera nécessaire pour les traitements d'infractions dont les relevés seront transmis à l'Hadopi pour les avertissements. Il prévient que la CNIL devra s'assurer "que les modalités de leur mise en oeuvre, notamment les conditions de conservation des données, seront strictement proportionnées à cette finalité" ;
  8. Il esquisse, surtout, un rééquilibrage entre les droits de la propriété intellectuelle - fortement défendus lors de sa décision sur DADVSI - et de liberté d'expression et de communication, en insistant beaucoup sur le fait que cette dernière est "d'autant plus précieuse que son exercice est une condition de la démocratie et l'une des garanties du respect des droits et libertés". Certains esprits malins pourront y voir un avertissement face au projet de contrôle du net de Nicolas Sarkozy ;
  9. En supprimant toutes les dispositions relatives à la sanction finale, le Conseil constitutionnel supprime également le fichage des internautes sanctionnés, qui posait également problème ;
  10. Le Conseil constitutionnel valide le fait de labelliser des moyens de sécurisation (des firewalls, outils de filtrage...), mais interdit de faire de l'installation d'un moyen labellisé la condition du respect de l'obligation de surveillance. Il limite le label à une simple fonction informative ;
  11.  Enfin, sur le filtrage, le Conseil constitutionnel autorise le tribunal de grande instance à ordonner des mesures "nécessaires pour prévenir ou faire cesser une atteinte" aux droits d'auteur, mais soulève deux réserves essentielles au filtrage : une telle mesure ne pourra être ordonnée qu'après une procédure contradictoire, ce qui doit donner aux éditeurs le droit de contester la demande, et le tribunal ne pourra prononcer que des mesures "strictement nécessaires à la préservation des droits en cause". Dans le projet de loi présenté, le TGI pouvait ordonner aux FAI ou aux hébergeurs "toutes mesures propres à prévenir ou à faire cesser" une contrefaçon, ce qui était beaucoup plus large...
A suivre...
Par Nicolas - Communauté : Contre Hadopi
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Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /2009 20:32
- Publié dans : Hadopi
Comme les députés socialistes l'avaient promis, c'est aujourd'hui qu'ils ont déposé leur recours devant le Conseil Constitutionnel (contre Hadopi).

Numerama indique que le député socialiste Patrick Bloche a précisé à l'AFP qu'ils avaient soulevé "11 points d'inconstitutionnalité d'importance variable".

Parmi les points les plus importants, les députés dénoncent une "sanction manifestement disproportionnée" (l'accès à Internet étant suspendu pendant au minimum deux mois pour toute la famille), une "double sanction" avec le fait de continuer à payer l'abonnement pendant la suspension, "les compétences et les pouvoirs exhorbitants reconnus à l'Hadopi", qui "induisent l'arbitraire", et surtout, "une présomption de culpabilité" qui pèse sur l'internaute condamné par l'Hadopi.

[...]Saisi ce mardi, le Conseil dispose d'un mois, jusqu'au 19 juin, pour rendre sa décision. Ensuite, sauf censure du texte, le Président de la République pourra le promulguer, et sa mise en application sera effective dès la publication des décrets, dont Christine Albanel assure qu'ils sont déjà prêts.

 

Comment va réagir le Conseil Constitutionnel ? D'après Patrick Bloche, sa décision risque "de décevoir". Le Conseil sera obligé de répondre par des arguments juridiques aux arguments présentés par l'opposition, et sa réponse fera jurisprudence. [Source : Numerama]

 

Est-ce que tout est pour autant joué d'avance ? A mon avis, rien n'est écrit. Même si une véritable sanction de ce texte par le Conseil Constitutionnel semble totalement improbable, certains aspects d'Hadopi risquent tout de même de poser problème. Il n'est donc pas absolument impossible qu'Hadopi, en l'état, devienne très difficile à appliquer, malgré les "décrêts" promis par Albanunuche.

 

En tout état de cause, dans un mois jour pour jour, nous serons fixés. En attendant, je vous conseille d'aller faire un tour sur le net : de très nombreuses possibilités de contourner la future "loi" existent déjà, et nous savons, vous comme moi, qu'Hadopi sera totalement inapplicable. Malheureusement, ses répercussions à l'encontre des libertés individuelles (notamment la mise en place d'une labellisation des sites ou du filtrage/contrôle du net) risquent d'être catastrophiques pour l'évolution d'Internet... en France.

Par Nicolas - Communauté : Contre Hadopi
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Dimanche 17 mai 2009 7 17 /05 /2009 15:20
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Par Nicolas - Communauté : Contre Hadopi
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