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Jeudi 11 juin 2009 4 11 /06 /2009 02:25
Contre toute attente... non, pas vraiment. Le Conseil Constitutionnel a censuré de nombreux points de la loi Hadopi, cette loi portant atteinte aux droits fondamentaux des citoyens. La bataille est gagnée... mais et la guerre ? Non, pas encore.

Malheureusement, la pauvre pseudo ministre de la culture, Christine Albanel, ne considère pas cette censure comme la "fin de Hadopi", comme le précise le Figaro :

Albanel : «Le volet préventif se fera selon le calendrier prévu»

Faux, répondent en choeur des ténors de la majorité. La ministre de la Culture, Christine Albanel, souhaite désormais «compléter rapidement la loi Création et Internet pour confier» à la justice traditionelle «le dernier stade de la réponse graduée». Dans un communiqué, elle dit «regretter» de «ne pouvoir, comme le gouvernement et le parlement l'avaient souhaité, aller jusqu'au bout de la logique de dépénalisation du comportement des internautes, en confiant à une autorité non judiciaire toutes les étapes - y compris le prononcé de la sanction - du processus».

«Parallèlement, la mise en place de la Haute autorité instituée par la loi, exclusivement chargée du volet préventif de la lutte contre le piratage, se fera selon le calendrier prévu et les premiers messages d'avertissement seront adressés dès l'automne aux abonnés à Internet», prévient la ministre.

Numerama fait une analyse plus fine de la décision du Conseil Constitutionnel. Nous en reproduisons ci-dessous un extrait :

Dans le détail, voici les points qui ont soulevé notre attention dans cette décision :

  1. Le principe d'instaurer en droit français une obligation pour l'abonné de surveiller l'utilisation, y compris par des tiers, de son accès à Internet a été validé par le Conseil constitutionnel ;
  2. Il rappelle qu'en principe une autorité administrative peut avoir un pouvoir de sanction, lorsque notamment les droits de la défense sont respectés. Mais il estime que la sanction de suspension de l'accès à Internet est une atteinte portée à la liberté d'expression et de communication, et qu'il n'est pas possible pour le législateur de confier de tels pouvoirs à une autorité administrative, "quelles que soient les garanties encadrant le prononcé des sanctions". Seul un juge peut suspendre l'accès à Internet.
  3. Il donne ainsi son blanc seing à l'amendement Bono qu'a condamné le gouvernement pendant des mois ;
  4. Ce faisant, il évite de se prononcer dans le détail sur le respect ou non des droits de la défense par l'Hadopi, et sur les conditions du recours aux sanctions. Il tacle tout de même le gouvernement sur le fait que l'Hadopi ne respecte pas la présomption d'innocence, en renversant la charge de la preuve.
  5. Mais il autorise le maintien de l'Hadopi dans son volet "pédagogique", comme n'a pas manqué de s'en féliciter Christine Albanel  ;
  6. Il estime, d'ailleurs, que ce volet pédagogique est "justifié par l'ampleur des contrefaçons commises au moyen d'interet et l'utilité, dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, de limiter le nombre d'infractions dont l'autorité judiciaire sera saisie". Une précision inutile en droit, mais qui valide politiquement le bienfondé de la riposte graduée ;
  7. Cependant, le Conseil prévient qu'une nouvelle autorisation de la CNIL sera nécessaire pour les traitements d'infractions dont les relevés seront transmis à l'Hadopi pour les avertissements. Il prévient que la CNIL devra s'assurer "que les modalités de leur mise en oeuvre, notamment les conditions de conservation des données, seront strictement proportionnées à cette finalité" ;
  8. Il esquisse, surtout, un rééquilibrage entre les droits de la propriété intellectuelle - fortement défendus lors de sa décision sur DADVSI - et de liberté d'expression et de communication, en insistant beaucoup sur le fait que cette dernière est "d'autant plus précieuse que son exercice est une condition de la démocratie et l'une des garanties du respect des droits et libertés". Certains esprits malins pourront y voir un avertissement face au projet de contrôle du net de Nicolas Sarkozy ;
  9. En supprimant toutes les dispositions relatives à la sanction finale, le Conseil constitutionnel supprime également le fichage des internautes sanctionnés, qui posait également problème ;
  10. Le Conseil constitutionnel valide le fait de labelliser des moyens de sécurisation (des firewalls, outils de filtrage...), mais interdit de faire de l'installation d'un moyen labellisé la condition du respect de l'obligation de surveillance. Il limite le label à une simple fonction informative ;
  11.  Enfin, sur le filtrage, le Conseil constitutionnel autorise le tribunal de grande instance à ordonner des mesures "nécessaires pour prévenir ou faire cesser une atteinte" aux droits d'auteur, mais soulève deux réserves essentielles au filtrage : une telle mesure ne pourra être ordonnée qu'après une procédure contradictoire, ce qui doit donner aux éditeurs le droit de contester la demande, et le tribunal ne pourra prononcer que des mesures "strictement nécessaires à la préservation des droits en cause". Dans le projet de loi présenté, le TGI pouvait ordonner aux FAI ou aux hébergeurs "toutes mesures propres à prévenir ou à faire cesser" une contrefaçon, ce qui était beaucoup plus large...
A suivre...
Par Nicolas - Publié dans : Hadopi - Communauté : Contre Hadopi
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Mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /2009 21:56
Par Nicolas - Publié dans : Danger - Communauté : Résistance 2007
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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /2009 15:45

A peine sortis de la Hadopi qui, je le rappelle, a été validée par l'Assemblée Nationale, mais dont le PS a fait saisine auprès du Conseil Constitutionnel la semaine dernière, et en attendant la décision sur le fond du-dit Conseil, nous voici confrontés à une nouvelle (enfin, ça trainait dans les placards) loi attentatoire aux libertés individuelles, sous couvert de lutte contre les terroristes, les pédophiles et autres criminels du Net - vraiment, qu'est-ce qu'il est trop trop trop dangereux ce Net, avec tous ces internautes-pédophiles-nazis-terroristes comme n'a de cesse de le répéter notre bon ami Frédéric Lefebvre... Bref, faudrait karchériser tout ça...

Ah ! On me dit que c'est en cours  Autant pour moi - je supporte pas ceux qui écrivent ce mot : "au temps", la bonne ortho, celle que j'ai apprise à l'école, c'est "autant", d'ailleurs on écrit "Autant en emporte le vent", pas "Au temps en emporte le vent".

Bon, ceci étant, Numerama a publié dernièrement un excellent article intitulé "Décryptage : Sarkozy et son oeuvre de contrôle du Net" que je vous invite à aller lire de toute urgence.

Par ailleurs, le même Numerama (que ferait-on sans eux, sérieusement, niveau informations sur Hadopi et toutes les lois liberticides que veut mettre en place notre gouvernement, ils sont très très réactifs) met à disposition une page spéciale consacrée à la LOPPSI - Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure ; ouais, c'est pompeux ! - que Michèle Alliot-Marie (surnommée MAM par les intimes) présentera mercredi 27/05 au Conseil des Ministres : cette loi prévoit la mise en place du filtrage du net (sans se cacher, contrairement à Hadopi) au niveau des FAI et l'installation de mouchards sur les ordinateurs.

Par Nicolas - Publié dans : LOPPSI - Communauté : Résistance 2007
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Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /2009 20:32
Comme les députés socialistes l'avaient promis, c'est aujourd'hui qu'ils ont déposé leur recours devant le Conseil Constitutionnel (contre Hadopi).

Numerama indique que le député socialiste Patrick Bloche a précisé à l'AFP qu'ils avaient soulevé "11 points d'inconstitutionnalité d'importance variable".

Parmi les points les plus importants, les députés dénoncent une "sanction manifestement disproportionnée" (l'accès à Internet étant suspendu pendant au minimum deux mois pour toute la famille), une "double sanction" avec le fait de continuer à payer l'abonnement pendant la suspension, "les compétences et les pouvoirs exhorbitants reconnus à l'Hadopi", qui "induisent l'arbitraire", et surtout, "une présomption de culpabilité" qui pèse sur l'internaute condamné par l'Hadopi.

[...]Saisi ce mardi, le Conseil dispose d'un mois, jusqu'au 19 juin, pour rendre sa décision. Ensuite, sauf censure du texte, le Président de la République pourra le promulguer, et sa mise en application sera effective dès la publication des décrets, dont Christine Albanel assure qu'ils sont déjà prêts.

 

Comment va réagir le Conseil Constitutionnel ? D'après Patrick Bloche, sa décision risque "de décevoir". Le Conseil sera obligé de répondre par des arguments juridiques aux arguments présentés par l'opposition, et sa réponse fera jurisprudence. [Source : Numerama]

 

Est-ce que tout est pour autant joué d'avance ? A mon avis, rien n'est écrit. Même si une véritable sanction de ce texte par le Conseil Constitutionnel semble totalement improbable, certains aspects d'Hadopi risquent tout de même de poser problème. Il n'est donc pas absolument impossible qu'Hadopi, en l'état, devienne très difficile à appliquer, malgré les "décrêts" promis par Albanunuche.

 

En tout état de cause, dans un mois jour pour jour, nous serons fixés. En attendant, je vous conseille d'aller faire un tour sur le net : de très nombreuses possibilités de contourner la future "loi" existent déjà, et nous savons, vous comme moi, qu'Hadopi sera totalement inapplicable. Malheureusement, ses répercussions à l'encontre des libertés individuelles (notamment la mise en place d'une labellisation des sites ou du filtrage/contrôle du net) risquent d'être catastrophiques pour l'évolution d'Internet... en France.

Par Nicolas - Publié dans : Hadopi - Communauté : Contre Hadopi
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